Trafic de fourmis

Deux Belges poursuivis au Kenya pour avoir capturé 5 000 fourmis : une affaire de biopiraterie

Animaux Ecologie Nature et Découverte Tourisme
Temps de lecture : 4 minutes

Un trafic de fourmis au Kenya : quand deux Belges se retrouvent face Ă  la justice


Je t’invite Ă  dĂ©couvrir une histoire qui semble tout droit sortie d’un film d’aventure, mais qui s’est dĂ©roulĂ©e en avril 2025, au cƓur du Kenya.
Imagine : deux jeunes Belges, à peine sortis de l’adolescence, se retrouvent menottes aux poignets pour un crime aussi insolite qu’inattendu : le trafic de fourmis.
Oui, tu as bien lu, des fourmis ! Pas des diamants, pas des Ɠuvres d’art, mais des milliers de fourmis reines, soigneusement emballĂ©es dans des tubes.

Cette affaire, qui a secouĂ© Nairobi, n’est pas juste une anecdote amusante : elle rĂ©vĂšle un monde souterrain de biopiraterie, oĂč mĂȘme les plus petits ĂȘtres vivants deviennent des trĂ©sors convoitĂ©s.
PrĂȘt Ă  en savoir plus sur ce trafic de fourmis qui dĂ©fie l’imagination ?

Une arrestation digne d’un polar

Le 5 avril 2025, dans une pension paisible prĂšs du lac Naivasha, Lornoy David  (que j’ai envie d’appeler Peregrin Touque) et Seppe Lodewijck (que j’ai envie d’appeler Meriadoc Brandebouc), deux Belges de 18 ans, sont arrĂȘtĂ©s.
Avec eux, pas moins de 5 000 fourmis reines, dont des Messor cephalotes, une espÚce prisée pour sa taille imposante et ses colonies spectaculaires.

Ces insectes, originaires du Kenya, de Tanzanie et d’Éthiopie, Ă©taient mĂ©ticuleusement conditionnĂ©s dans 2 244 tubes Ă  essai, garnis de coton pour les maintenir en vie pendant des mois.
La scĂšne est presque comique : imagine les agents du Kenya Wildlife Service (KWS) dĂ©ballant des milliers de petits tubes, chacun abritant une reine fourmi, comme s’ils dĂ©couvraient un trĂ©sor de contrebande miniature.
Mais ne te mĂ©prends pas, ce n’est pas une blague.

Ces fourmis, d’une valeur estimĂ©e Ă  7 700 dollars, Ă©taient destinĂ©es Ă  des marchĂ©s exotiques en Europe et en Asie, oĂč les collectionneurs sont prĂȘts Ă  payer jusqu’à 700 euros pour une seule reine.
Qui aurait cru que les fourmis pouvaient valoir plus cher que certains gadgets high-tech ? Pourtant, c’est bien le cas, et cette affaire met en lumiùre un trafic de fourmis en pleine expansion.

Une affaire de biopiraterie, pas juste un hobby

Le KWS ne rigole pas avec cette histoire.
Dans un communiquĂ©, l’agence qualifie ce trafic de fourmis de « crime contre la faune sauvage » et d’« acte de biopiraterie ».
Selon eux, les suspects voulaient faire passer ces insectes en contrebande pour alimenter une demande croissante d’espùces rares.
Et lĂ , on touche Ă  quelque chose de plus profond : la biopiraterie, c’est l’exploitation illĂ©gale des ressources biologiques d’un pays, souvent au dĂ©triment des communautĂ©s locales et de l’écosystĂšme. En gros, c’est comme voler une partie de l’ñme d’un territoire pour en tirer profit ailleurs.

Le professeur Erustus Kanga, directeur général du KWS, va encore plus loin :

Nous voyons des organisations criminelles se diversifier, passant du braconnage traditionnel de l’ivoire Ă  la capture de l’ensemble de notre biodiversitĂ© – des plantes mĂ©dicinales aux insectes en passant par les micro-organismes.

Autrement dit, les trafiquants ne se contentent plus des Ă©lĂ©phants ou des rhinocĂ©ros. Ils s’attaquent maintenant aux fourmis, ces petites ouvriĂšres de la nature qui jouent un rĂŽle crucial dans les Ă©cosystĂšmes.
Et toi, savais-tu que les fourmis pouvaient ĂȘtre aussi prĂ©cieuses pour la planĂšte ?

Les accusĂ©s plaident l’innocence
 ou presque

Face au tribunal, les deux Belges, visiblement épuisés, ont plaidé coupable pour la possession des fourmis, mais pas pour leur trafic.
Leur avocate, Halima Magairo, tente de calmer le jeu :

Ce ne sont que de jeunes enfants qui explorent. Les gens font ces choses quand ils sont tout simplement mal informés.

Elle parle mĂȘme d’un simple « hobby ».
Un hobby ? Capturer 5 000 fourmis reines et les emballer comme des bonbons, ça te semble ĂȘtre une activitĂ© du dimanche ?
Moi, je trouve ça un peu ambitieux pour un passe-temps, pas toi ?

Lornoy David, citĂ© par le quotidien kĂ©nyan The Standard, jure qu’il n’avait pas l’intention d’enfreindre la loi. Mais les autoritĂ©s ne l’entendent pas de cette oreille.
Le jugement, initialement prĂ©vu le 23 avril, a Ă©tĂ© reportĂ© au 7 mai, notamment Ă  cause de soupçons de « liens possibles de financement du terrorisme » concernant l’un des accusĂ©s.

On ne sait pas qui, mais avoue que ça ajoute une touche de mystÚre à cette affaire déjà rocambolesque.

Les complices et une affaire parallĂšle

Les deux Belges ne sont pas seuls dans cette histoire. Dennis Nganga, un KĂ©nyan, et Duh Hung Nguyen, un Vietnamien, ont aussi Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s le mĂȘme jour, dans les comtĂ©s de Nairobi et Machakos. Eux, ils transportaient « seulement » quelques centaines de fourmis dans 140 tubes.
Moins impressionnant, mais tout aussi illégal. Ces deux affaires, bien que jugées cÎte à cÎte, sont distinctes.
Ce qui frappe, c’est la diversitĂ© des profils : des jeunes EuropĂ©ens, un Asiatique, un local
 Comme si le trafic de fourmis Ă©tait devenu une entreprise mondiale !

Au Kenya, la loi est claire : possĂ©der un animal sauvage, mĂȘme une fourmi, sans permis, est un dĂ©lit grave. Les sanctions ? Une amende minimale de 10 000 dollars ou jusqu’à cinq ans de prison.
Autant te dire que nos quatre aventuriers risquent gros pour leur passion un peu trop débordante.

Pourquoi les fourmis sont-elles si convoitées ?

Tu te demandes peut-ĂȘtre pourquoi quelqu’un irait risquer la prison pour des fourmis.
Eh bien, les Messor cephalotes, avec leur couleur rouge vif et leur capacitĂ© Ă  former des colonies de milliers d’individus, sont des stars chez les collectionneurs. Ces insectes ne sont pas juste des curiositĂ©s : ils fascinent par leur organisation sociale et leur rĂ©silience.
Certains les élÚvent comme des animaux de compagnie exotiques, un peu comme on collectionnerait des poissons rares.
Et vu leur prix sur le marchĂ© noir (jusqu’à 200 dollars l’unitĂ©), on comprend pourquoi les trafiquants s’y intĂ©ressent.

Mais ce trafic a un coût écologique. Prélever des reines fourmis en masse perturbe les colonies et menace les écosystÚmes locaux.
Le Kenya, riche en biodiversitĂ©, se bat pour protĂ©ger son patrimoine, et cette affaire montre que mĂȘme les insectes ont besoin de gardiens.

Une leçon pour nous tous

Alors, que retenir de cette histoire ? D’abord, que le monde est plein de surprises : qui aurait pensĂ© qu’un trafic de fourmis ferait la une ?
Ensuite, que la biodiversitĂ©, mĂȘme la plus discrĂšte, est un trĂ©sor Ă  protĂ©ger. Et enfin, que la curiositĂ©, c’est bien, mais qu’il vaut mieux vĂ©rifier les lois avant de se lancer dans une chasse aux insectes Ă  l’autre bout du monde.
Toi, si tu étais au Kenya, tu ferais quoi ? Une randonnée dans la savane, un selfie avec un zÚbre, ou
 une collection de fourmis ?
Allez, avoue, on a tous un petit cÎté aventurier !

Mais la prochaine fois, garde tes tubes à essai pour les expériences scientifiques, pas pour la contrebande.



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